Un bénédictin lorrain auteur d'un "Traité du cancer" en 1698

Abstract

de l'AcadémieEn 1698, paraissait à Paris, chez le libraire François Muguet, Premier imprimeur du roi et de la Faculté de Médecine, un Traité du cancer, où l'on explique sa nature et où l'on propose les moyens les plus sûrs pour le guérir méthodiquement^ sous le nom de Jean-Baptiste Alliot, conseiller du roi, médecin ordinaire de Sa Majesté et de la Bastille.Assez rapidement cependant, dictionnaires et ouvrages attribuèrent plus ou moins formellement la paternité de ce Traité du cancer au fils de Jean-Baptiste Alliot, dom Hyacinthe Alliot, religieux bénédictin.En 1751, dom Calmet notait dans sa Bibliothèque lorraine : « Le roi Louis XIV ayant souhaité que Jean-Baptiste Alliot donnât au public son secret pour la guérison du cancer, Alliot engagea son fils dom Hyacinthe à écrire sur ce sujet et à publier son secret ; mais toutefois d'une façon assez enveloppée, en sorte qu'il n'y eût que ceux qui étaient initiés qui le pussent bien entendre » (2) .En 1865, l'auteur de l'article consacré "aux" Alliot dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, le très anticlérical A. Chéreau, était plus dubitatif, évoquant ce "traité qu'on dit avoir été écrit par son fils Hyacinthe Alliot" (3) .Plus près de nous, le très autorisé Dictionnaire de Biographie française souligne dans sa notice consacrée à dom Hyacinthe Alliot qu'« on lui attribue la composition du Traité du cancer paru en 1698 » (4) .On peut donc légitimement s'interroger sur l'identité du véritable auteur d'un traité qui connut quelque succès à l'époque et dont la publication s'inscrivait au cœur d'un débat qui agitait alors les milieux médicaux.réunir les avis les plus autorisés, conseilla à sa royale patiente de consulter Claude Gendron, médecin de Montpellier, attaché à Monsieur, frère du roi, qui passait pour expert dans le traitement des cancers du sein.Mais celui-ci professait que cette maladie était incurable et que les palliatifs étaient les seules armes dont pouvait se prévaloir la médecine dans un tel cas.Il fut remercié, tout comme d'autres médecins célèbres du temps qui préconisaient l'amputation comme seul remède au mal.En désespoir de cause, on fit alors venir au chevet d'Anne d'Autriche au château de Saint-Germain-en-Laye (mars 1665) un médecin lorrain, Pierre Alliot, le père de Jean-Baptiste, l'aïeul de dom Hyacinthe.Originaire de Bar-le-Duc, où il naquit sans doute aux environs de 1610-1612, Pierre Alliot était issu d'une famille noble qui avait dû déroger (5) .Après ses études de médecine à l'université de Pont-à-Mousson, il commença à exercer en 1638 à la Maison-Dieu de Bar, qui disposait depuis 1620 d'un service médical.En 1642, Pierre Alliot succéda à la direction de ce service à son fondateur, Jean Leurechen, médecin ordinaire du duc de Lorraine.Sa réputation de savant et d'habile praticien lui valut d'être nommé, en 1661, médecin-conseiller par le duc de Lorraine Charles IV, de retour dans ses duchés après le traité de Vincennes.La publication à Bar-le-Duc en 1664 d'un opuscule (6) dans lequel il proposait de soigner le cancer sans amputation par l'absorption d'une poudre spécifique de sa composition accrut de beaucoup sa notoriété.Sa thérapeutique ne pouvait que retenir l'attention de l'entourage d'Anne d'Autriche.C'est ainsi que Pierre Alliot fut introduit à la cour de France par le fermier général Daniel Morel, parent du prévôt de Bar Antoine Morel, son protecteur.

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Dettagli Bibliografici
Autori: Gérard Michaux
Pubblicato in: DSpace (Centre National De La Recherche Scientifique)
Data di pubblicazione:01/01/1996
Tipo di documento:Articolo
Lingua:francese
Accesso aperto: Accesso aperto Green: copia in un archivio istituzionale o disciplinare – DSpace (Centre National De La Recherche Scientifique)
Soggetti:
History of Science and Medicine (Social Sciences > Arts and Humanities > History and Philosophy of Science)
History of Medicine Studies (Social Sciences > Arts and Humanities > History)
Medical History and Innovations (Social Sciences > Arts and Humanities > History)
Identificativi: OpenAlex W2263473140

Dati dell'indice centrale: OpenAlex (licenza CC0).

Descrizione
Riassunto:de l'AcadémieEn 1698, paraissait à Paris, chez le libraire François Muguet, Premier imprimeur du roi et de la Faculté de Médecine, un Traité du cancer, où l'on explique sa nature et où l'on propose les moyens les plus sûrs pour le guérir méthodiquement^ sous le nom de Jean-Baptiste Alliot, conseiller du roi, médecin ordinaire de Sa Majesté et de la Bastille.Assez rapidement cependant, dictionnaires et ouvrages attribuèrent plus ou moins formellement la paternité de ce Traité du cancer au fils de Jean-Baptiste Alliot, dom Hyacinthe Alliot, religieux bénédictin.En 1751, dom Calmet notait dans sa Bibliothèque lorraine : « Le roi Louis XIV ayant souhaité que Jean-Baptiste Alliot donnât au public son secret pour la guérison du cancer, Alliot engagea son fils dom Hyacinthe à écrire sur ce sujet et à publier son secret ; mais toutefois d'une façon assez enveloppée, en sorte qu'il n'y eût que ceux qui étaient initiés qui le pussent bien entendre » (2) .En 1865, l'auteur de l'article consacré "aux" Alliot dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, le très anticlérical A. Chéreau, était plus dubitatif, évoquant ce "traité qu'on dit avoir été écrit par son fils Hyacinthe Alliot" (3) .Plus près de nous, le très autorisé Dictionnaire de Biographie française souligne dans sa notice consacrée à dom Hyacinthe Alliot qu'« on lui attribue la composition du Traité du cancer paru en 1698 » (4) .On peut donc légitimement s'interroger sur l'identité du véritable auteur d'un traité qui connut quelque succès à l'époque et dont la publication s'inscrivait au cœur d'un débat qui agitait alors les milieux médicaux.réunir les avis les plus autorisés, conseilla à sa royale patiente de consulter Claude Gendron, médecin de Montpellier, attaché à Monsieur, frère du roi, qui passait pour expert dans le traitement des cancers du sein.Mais celui-ci professait que cette maladie était incurable et que les palliatifs étaient les seules armes dont pouvait se prévaloir la médecine dans un tel cas.Il fut remercié, tout comme d'autres médecins célèbres du temps qui préconisaient l'amputation comme seul remède au mal.En désespoir de cause, on fit alors venir au chevet d'Anne d'Autriche au château de Saint-Germain-en-Laye (mars 1665) un médecin lorrain, Pierre Alliot, le père de Jean-Baptiste, l'aïeul de dom Hyacinthe.Originaire de Bar-le-Duc, où il naquit sans doute aux environs de 1610-1612, Pierre Alliot était issu d'une famille noble qui avait dû déroger (5) .Après ses études de médecine à l'université de Pont-à-Mousson, il commença à exercer en 1638 à la Maison-Dieu de Bar, qui disposait depuis 1620 d'un service médical.En 1642, Pierre Alliot succéda à la direction de ce service à son fondateur, Jean Leurechen, médecin ordinaire du duc de Lorraine.Sa réputation de savant et d'habile praticien lui valut d'être nommé, en 1661, médecin-conseiller par le duc de Lorraine Charles IV, de retour dans ses duchés après le traité de Vincennes.La publication à Bar-le-Duc en 1664 d'un opuscule (6) dans lequel il proposait de soigner le cancer sans amputation par l'absorption d'une poudre spécifique de sa composition accrut de beaucoup sa notoriété.Sa thérapeutique ne pouvait que retenir l'attention de l'entourage d'Anne d'Autriche.C'est ainsi que Pierre Alliot fut introduit à la cour de France par le fermier général Daniel Morel, parent du prévôt de Bar Antoine Morel, son protecteur.