Blaise Pascal dans l’œuvre de Pierre Duhem
Abstract
Jean-François STOFFEL Cf.P. DUHEM, La théorie physique (1906), p. 411.P. DUHEM, Le principe de Pascal (1905), p. 610.P. DUHEM, La science allemande (1915), p. 17.P. DUHEM, Quelques r�fiexions sur la science allemande (1915), p. 659.P. DUHEM, La théorie physique (1906), p. 89.P. DUHEM, La théorie physique (1906), p. 396.P. DUHEM, La science allemande (1915), p. 29.«La mode a ses raisons que la raison ne connaît pas» (P.DUHEM, Notice sur les titres et travaux scient�fiques de Pierre Duhem (1913), p. 92).«J'ai beaucoup connu à Bordeaux un grand savant, qui avait réfléchi plus qu'aucun homme de ce temps sur l'histoire des sciences, sur les méthodes des sciences et sur la théorie physique.C'était Pierre Duhem.Il ne cessait pas d'invoquer l'exemple de Pascal ; il ne faisait pas une leçon, il n'écrivait pas un chapitre sans citer les Pensées ; c'est lui qui m'en Disséminée dans toute son oeuvre et présente là où on l'attend le moins, cette influence n'en est pas moins certaine et capitale.Il convient donc d'en examiner la teneur.1. Ordonner la connaissance, c'est faire oeuvre utile Dans son article sur Le principe de Pascal, Duhem, fidèle à son souci de montrer la continuité du développement scientifique, se demande si ce savant est arrivé au principe de l'hydrostatique qui porte son nom «sans autres maîtres que l'expé1ience et le raisonnement» 1 ou si, au contraire, il en a «trouvé le germe dans les livres et parmi les hommes» 2 .Aussi notre historien se met-il à rechercher les influences dont Pascal aurait pu bénéficier dans son étude de l'équilibre des liqueurs.Constatant que le Père Mersenne avait publié un ouvrage 3 traitant notamment de ce sujet et ce, deux ans avant que Pascal n'ait débuté dans l'étude de cette science, Duhem s'attache à relever les analogies existant entre cet ouvrage et celui de Pascal, pour arriver à la conclusion que celui-ci a largement puisé dans l'ouvrage du laborieux minime.Or, remarque Duhem, «puiser à la science de Mersenne, c'était s'abreuver à la tradition scientifique de l'Europe tout entière» 4 .Notre historien entame alors la recherche des u•avaux dont Pascal aurait dû avoir connaissance par l'intermédiaire du livre de Mersenne, ce qui le conduit à étudier l'oeuvre réalisée en hydrostatique par Simon Stevin, par Benedetti, par Galilée, par Descartes, ainsi que par Torricelli.Ayant retrouvé la marque de ces auteurs dans le Traité de l'équilibre des liqueurs, Duhem conclut qu'en ce traité, «il ne se trouve sans doute aucune vérité qui ne tire son origine de quelqu'un de ces géomètres» 5 .Face à ce constat d'un Pascal n'ayant rien ajouté à la science hydrostatique, il se demande quel fut son objectif en composant ce traité et s'il ne convient pas 11 1 2 3 4 5 a donné la connaissance et le goût» ( F. STROWSKI, Le secret de Pascal, p. 791).« [ ... ] c'était une Imitation de Jésus-Christ, livre qu'avec l'Evangile, et les Pensées de Pascal, il savait presque par coeur» (H.PlERRE-DUHEM, Un savant français : Pierre Duhem, p. 155).«[ ... ] votre père, pénétré de Pascal [ ... ]» ; «il connaissait à fond la physique, la métaphysique et la logique d'Aristote ; il nous citait par coeur du Lucrèce ; il semblait avoir fait une étude spéciale de Descartes et de Pascal» (témoignages de A. CHEVRILLON dans H. PIERRE-DUHEM, Un savant français : Pierre Duhem, p. 64 et p. 76).«Nous croyons intéressant de citer le passage, parce qu'il éclaire, avec un trait de la physionomie intellectuelle et morale de Duhem, une des principales influences qui ont agi sur lui, celle de ce Pascal dont il savait les Pensées presque par coeur» (E.JORDAN, Pierre Duhem, p. 31).«Non, ce n'est pas de Kant, mais de Pascal que relève Duhem, de Pascal qu'il cite constamment, et dont il sait entièrement par coeur le livre des Pensées» (E.PICARD, La vie et l'oeuvre de Pierre Duhem, p. 39).«Comme Pascal dont il s'était nourri et qu'il aimait à citer [ ... ]» (V.-L.HERNIES, Pierre Duhem.III: Le chrétien, p. 685).Cette affirmation ne semble pas exagérée dans la mesure où certaines citations pascaliennes présentent de légères différences avec le texte de Havet, ce qui semble bien indiquer qu'elles auraient été citées de mémoire.P. DUHEM, Le principe de Pascal (1905), p. 599.P. DUHEM, Le principe de Pascal (1905), p. 601.Il s'agit du Cogitata physico-mathematica de 1644.
| Authors: | |
|---|---|
| Published in: | PhilPapers (PhilPapers Foundation) |
| Publication date: | 01/01/1993 |
| Document type: | Article |
| Language: | French |
| Open access: | Open access Green: copy in an institutional or subject repository – PhilPapers (PhilPapers Foundation) |
| Cited by: | 1 |
| Subjects: |
History of Science and Medicine
(Social Sciences > Arts and Humanities > History and Philosophy of Science)
Historical Philosophy and Science
(Social Sciences > Arts and Humanities > History and Philosophy of Science)
Philosophical and Theoretical Analysis
(Social Sciences > Arts and Humanities > Philosophy)
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| Identifiers: | OpenAlex W2531748135 |
Central index data: OpenAlex (CC0 license).
| Summary: | Jean-François STOFFEL Cf.P. DUHEM, La théorie physique (1906), p. 411.P. DUHEM, Le principe de Pascal (1905), p. 610.P. DUHEM, La science allemande (1915), p. 17.P. DUHEM, Quelques r�fiexions sur la science allemande (1915), p. 659.P. DUHEM, La théorie physique (1906), p. 89.P. DUHEM, La théorie physique (1906), p. 396.P. DUHEM, La science allemande (1915), p. 29.«La mode a ses raisons que la raison ne connaît pas» (P.DUHEM, Notice sur les titres et travaux scient�fiques de Pierre Duhem (1913), p. 92).«J'ai beaucoup connu à Bordeaux un grand savant, qui avait réfléchi plus qu'aucun homme de ce temps sur l'histoire des sciences, sur les méthodes des sciences et sur la théorie physique.C'était Pierre Duhem.Il ne cessait pas d'invoquer l'exemple de Pascal ; il ne faisait pas une leçon, il n'écrivait pas un chapitre sans citer les Pensées ; c'est lui qui m'en Disséminée dans toute son oeuvre et présente là où on l'attend le moins, cette influence n'en est pas moins certaine et capitale.Il convient donc d'en examiner la teneur.1. Ordonner la connaissance, c'est faire oeuvre utile Dans son article sur Le principe de Pascal, Duhem, fidèle à son souci de montrer la continuité du développement scientifique, se demande si ce savant est arrivé au principe de l'hydrostatique qui porte son nom «sans autres maîtres que l'expé1ience et le raisonnement» 1 ou si, au contraire, il en a «trouvé le germe dans les livres et parmi les hommes» 2 .Aussi notre historien se met-il à rechercher les influences dont Pascal aurait pu bénéficier dans son étude de l'équilibre des liqueurs.Constatant que le Père Mersenne avait publié un ouvrage 3 traitant notamment de ce sujet et ce, deux ans avant que Pascal n'ait débuté dans l'étude de cette science, Duhem s'attache à relever les analogies existant entre cet ouvrage et celui de Pascal, pour arriver à la conclusion que celui-ci a largement puisé dans l'ouvrage du laborieux minime.Or, remarque Duhem, «puiser à la science de Mersenne, c'était s'abreuver à la tradition scientifique de l'Europe tout entière» 4 .Notre historien entame alors la recherche des u•avaux dont Pascal aurait dû avoir connaissance par l'intermédiaire du livre de Mersenne, ce qui le conduit à étudier l'oeuvre réalisée en hydrostatique par Simon Stevin, par Benedetti, par Galilée, par Descartes, ainsi que par Torricelli.Ayant retrouvé la marque de ces auteurs dans le Traité de l'équilibre des liqueurs, Duhem conclut qu'en ce traité, «il ne se trouve sans doute aucune vérité qui ne tire son origine de quelqu'un de ces géomètres» 5 .Face à ce constat d'un Pascal n'ayant rien ajouté à la science hydrostatique, il se demande quel fut son objectif en composant ce traité et s'il ne convient pas 11 1 2 3 4 5 a donné la connaissance et le goût» ( F. STROWSKI, Le secret de Pascal, p. 791).« [ ... ] c'était une Imitation de Jésus-Christ, livre qu'avec l'Evangile, et les Pensées de Pascal, il savait presque par coeur» (H.PlERRE-DUHEM, Un savant français : Pierre Duhem, p. 155).«[ ... ] votre père, pénétré de Pascal [ ... ]» ; «il connaissait à fond la physique, la métaphysique et la logique d'Aristote ; il nous citait par coeur du Lucrèce ; il semblait avoir fait une étude spéciale de Descartes et de Pascal» (témoignages de A. CHEVRILLON dans H. PIERRE-DUHEM, Un savant français : Pierre Duhem, p. 64 et p. 76).«Nous croyons intéressant de citer le passage, parce qu'il éclaire, avec un trait de la physionomie intellectuelle et morale de Duhem, une des principales influences qui ont agi sur lui, celle de ce Pascal dont il savait les Pensées presque par coeur» (E.JORDAN, Pierre Duhem, p. 31).«Non, ce n'est pas de Kant, mais de Pascal que relève Duhem, de Pascal qu'il cite constamment, et dont il sait entièrement par coeur le livre des Pensées» (E.PICARD, La vie et l'oeuvre de Pierre Duhem, p. 39).«Comme Pascal dont il s'était nourri et qu'il aimait à citer [ ... ]» (V.-L.HERNIES, Pierre Duhem.III: Le chrétien, p. 685).Cette affirmation ne semble pas exagérée dans la mesure où certaines citations pascaliennes présentent de légères différences avec le texte de Havet, ce qui semble bien indiquer qu'elles auraient été citées de mémoire.P. DUHEM, Le principe de Pascal (1905), p. 599.P. DUHEM, Le principe de Pascal (1905), p. 601.Il s'agit du Cogitata physico-mathematica de 1644. |
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